46 – Le paysage « vert »

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Nous sommes au nord de Charmes, dans la partie Meurthe-et-Mosellane du Canal des Vosges.  Nous retrouvons rassemblés tous les éléments de la Trame Verte et Bleue des billets précédents : une voie d’eau – voie de transport -, une bordure végétale  – alignements d’arbres monumentaux, doublés d’une végétation spontanée -.

Le miroir du canal reflète les troncs clairs des platanes, leurs houppiers légers, les taillis du contre-halage. La berge, raidie par les palplanches, est soulignée par une marge herbeuse. Elle dessine une courbe ample et régulière. Le chemin de halage empierré est adouci dans son axe par une végétation rase. L’ensemble, aménagé à la fin du 19ème siècle, forme un tableau harmonieux, dans une riche palette de tons verts et bruns. Harmonie de nature, de couleurs, de matières. Deux joggers passent en haletant doucement. Un cycliste les double.

Si vous poursuivez la balade plus au sud, vous serez déçu. On a voulu « aménager » le chemin de halage en ce qu’on appelle une voie « verte » (une voie pour les déplacements à pied ou à vélo) … en fait…  une piste noire, artificielle, espèce de trottoir urbain étranger au cadre naturel. On a brisé la subtile harmonie du paysage.

S’il y a trois mots d’anglais que vous devez connaître, c’est « less », « is » et « more ». « Less is more ». « Moins égale plus ». Ou en bon français : « Minimalisme, légèreté, modestie, simplicité, respect sont la clé d’un aménagement de qualité ». Et peu coûteux. Ne l’oublions pas quand il sera question de l’aménagement des voies « vertes » de notre Ouest vosgien.

45 – Le paysage vert et bleu

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Quand je vous disais que les grandes structures de haies et surtout d’arbres qui restent en dehors des forêts sont celles qui accompagnent les voies de transport, routes et chemins de fer ! Voici l’alignement de peupliers de la route de Coussey à Domrémy, et tout au fond, la dernière ligne horizontale, la haie rectiligne de l’ancienne voie ferrée transformée en chemin.

Je suis toujours sur mon balcon de la côte de Meuse, mais j’ai quitté Lafauche pour le Bois-Chenu. Du coup, je vois aussi la Meuse et son affluent, le Vair. Enfin, je les devine ; car ce que je vois, ce sont les grandes lignes souples de leurs ripisylves (les « forêts de rives »), celle de la Meuse, au premier plan, et celle du Vair juste devant la haie du chemin de fer. Comme les alignements d’arbres et les haies des bords de voie, ces ripisylves constituent elles aussi d’importants corridors biologiques permettant aux espèces de se déplacer.

Voilà donc des éléments incontournables de la fameuse « Trame Verte et Bleue », verte comme l’herbe, les buissons, les arbres, bleue comme l’eau.  Une trame indispensable à la vie.