95 – Le coin du paysage

Après le salon de la Chronique précédente, à l’ombre d’un catalpa, en Isère, voici la cuisine au bord de l’eau à Stockholm, en Suède.

Ça ne vous donne pas envie de vous installer, tranquillement, pour un petit barbecue ? D’accord, il y a le charme de l’eau et des bateaux, cela attire toujours. Mais il y a aussi la qualité de ce petit coin très simple.

Au fait, vous avez déjà remarqué ce mot : « coin » ? « Je me suis aménagé un coin sympa dans le garage, avec un bureau ». « Les enfants ont leur petit coin dans le salon »…

Le coin, c’est cet espace à soi, où on se sent bien. Dans les faits, ce « coin » n’est pas toujours à l’angle de la pièce, mais c’est à cette image qu’il nous renvoie : l’espace calé à l’angle de deux murs, ouvert sur les deux autres côtés. Un espace où on se sent à l’abri – aucun danger à craindre dans notre dos – ; où l’on ne se sent pas enfermé – la vue devant nous est dégagée – ; où on peut s’appuyer confortablement.

Justement, ici, ce qui fait l’agrément de cet espace de pique-nique au pied des immeubles, c’est ce vrai « coin », à l’abri d’un petit mur de soutènement. Ou plutôt ces coins, car il y en a plusieurs, de tailles différentes, à des niveaux différents, pour les petits et pour les grands,  créés par les marches et par le tracé irrégulier de la plate-forme.

Pas de mobiliers de catalogue « design » et coûteux (qui seront bientôt passés de mode), pas de matériaux luxueux. Simplement l’art de tirer parti de l’existant, la différence de niveau entre la berge et le chemin.