94 – Le salon du paysage

Ce que j’ai photographié là ? Vous n’avez pas deviné ? Oh, c’est pourtant évident ! C’est bien sûr une cantine d’été : un catalpa dont les branches rejoignent le sol, un bouleau aérien qui offre une ombre légère, deux bouts de haie, deux tables en bois toutes simples avec leurs bancs. 

Il n’a pas fallu beaucoup de moyens pour aménager cet espace ; il n’en faut pas plus pour l’entretenir. En laissant l’arbre faire son travail d’arbre et se développer, on a créé tout simplement un salon de verdure qu’on pourrait imaginer au fond d’un jardin bucolique. Il n’en est rien : le parking est dans mon dos, les bureaux et l’atelier au fond, à droite la route et la voie ferrée. Venez ! Suivez-moi sous les arbres. Ainsi isolés, nous pourrons, le temps du déjeûner, oublier que nous sommes au turbin. Allons, ne tardons pas, les places y sont chères aux beaux jours

53 – Les reliefs du paysage

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Le soleil donne du relief à nos paysages.

Tout comme la ligne des ombres doublait, la semaine passée, la ligne d’arbres, la ligne des ombres souligne ici chaque niveau de la corniche, ponctue chacun des denticules, donne de la profondeur à l’oculus.

Un faible relief des pierres d’angle suffit à tracer un motif géométrique régulier aux limites de chaque face du clocher de Trampot, même en ce jour gris d’octobre.

C’est là tout l’art du bâtisseur : avec sobriété, sans artifices coûteux, en usant simplement des volumes et de l’éclairage gratuit des grands luminaires universels que sont le soleil et la lune, animer durablement, de jour comme de nuit, le paysage des façades qui bordent nos rues.

Rien à voir avec le déploiement de couleurs d’école maternelle des maisons et bâtiments publics ripolinés à grands frais, qui passeront avec le temps et nous lasseront peut-être plus vite encore.

52 – Les franges du paysage

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Que de masses et de lignes nous avons déjà vues dans le paysage! Vous aussi ?

En voici encore, qui nous sont bien familières : la masse de la forêt, et le tracé de son contour. Souvent net, ce contour peut, à la faveur du soleil, si la lisière est diffuse, nous paraître effiloché, comme c’est le cas ici.

Au fait, vous voyez double, n’est-ce pas ? Vous auriez dû souffler dans le ballon ? Passer le volant à Thérèse ? Rassurez-vous : il n’y a là rien que de très normal. Au bord du chemin, le soleil, encore lui, double la ligne d’arbres de la ligne  fidèle de leurs ombres.

47 – Le paysage sans ombre

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Les archéologues ont la peau dure. Normal : on doit pouvoir les mettre au pied d’une pyramide en plein désert. Mais moi qui ne suis pas vraiment aguerrie, après la visite des fouilles de la rue du Ruisseau, j’ai cherché la fraîcheur. Et je l’ai cherchée à l’ombre d’un bac de géraniums. Il y avait longtemps que je voulais tenter l’expérience, dans nos villes et villages « fleuris ».

Autant dire que ça n’a pas vraiment été une réussite.

Tout n’est pas perdu. Vous y gagnerez quelques conseils d’ami pour la prochaine canicule : si Rémi et Camille s’ennuient à nouveau comme des rats morts et ne savent pas quoi faire (… ou plutôt, soyons francs, vous ne savez plus trop quoi faire de Rémi et de Camille…), confiez leur deux thermomètres – identiques – et une mission scientifique : Rémi mesurera la température toutes les heures à l’ombre du gros pommier, Camille ira tout aussi régulièrement la mesurer en plein soleil dans le jardin. Et vous comparerez.

Non seulement vous aurez peut-être éveillé chez vos petits chéris le goût des sciences qui les mènera à coup sûr jusqu’au Nobel, mais vous aurez aussi vérifié par vous-même ce que les scientifiques ont montré depuis longtemps : les arbres font la différence. Sérieusement.

Vous ne voulez pas mourir cramés par le réchauffement climatique ? Alors, plantez des arbres, pas des bacs !

Je peux vous proposer une autre expérience, plus délicate. Seulement si vous n’avez pas deux thermomètres identiques. Mais il vous faut alors deux vrais jumeaux (ou deux vraies jumelles, bien sûr…). Pendant toute une après-midi de bonne grosse canicule, vous placez l’un à l’ombre du pommier, et vous placez l’autre… Mon dieu ! Le soleil m’a vraiment tapé sur la tête ! Pardon ! Oubliez la fin de ce billet !