7 – Le paysage, nature marquée par l’homme

Vallée de la MeuseEncore une semaine d’observation derrière vous ? Vous devenez fort ! Bon, si je vous dis : là, devant vous, une haie constituée d’arbustes de jardin, puis une prairie,  légèrement en pente ; une clôture de parc et une autre prairie qui continue sa descente ; une haie à mi-pente, naturelle, avec des arbres, des arbustes, bas, hauts, arrondis, pointus ; un champ en fond de vallée, avant les boucles bleutées de la rivière, bordée de haies transparentes ; encore des prairies, et quelques vaches ; un grand alignement d’arbres, horizontal, avec quelques points clairs – les voitures – entre les troncs ; derrière, loin, un trait vert foncé – une ligne de haies, au pied de la pente qui remonte doucement, en face ; une maison blanche, bien visible, à mi-pente, et tout au fond, un peu plus haut, un bandeau de forêt qui épouse la forme en trapèze de la côte.

Alors ? Vous avez deviné ? Mais si, vous connaissez ! Vous l’avez déjà regardé ce paysage.  On parie ? Vous savez, quand on sort de la Basilique de Notre-Dame du Bois Chenu, on n’a qu’une envie, c’est de traverser la route. Traverser, et regarder. Il me semble même qu’il y avait (y est-elle encore ?) une lunette ! C’est évidemment la vallée de la Meuse, le plateau de Chatel, et entre les deux, la route de Coussey  à Domrémy !

« Le paysage, c’est la nature« , m’a dit la fille du boucher. Oui. Et non. Le relief, les cours d’eau, oui, c’est la nature. Les vaches et les voitures – les êtres vivants qui occupent l’espace (bon, je voulais dire : les gugusses dans les voitures !) -, c’est aussi la nature. La végétation, c’est la nature, mais plus ou moins modifiée par la main de l’homme : l’alignement d’arbres a été planté, le champ a été semé ; contrairement aux autres haies, la haie à vos pieds est constituée de variétés horticoles, plantées elles aussi.  Et puis, il y a la clôture, la route, la maison : les constructions de l’homme. Le paysage, c’est la nature, mais la nature marquée par l’action de l’homme.

5 – Le paysage nature

De Morionvilliers à Trampot

Voici la 5ème chronique du paysage. Juste pour le Festival International de Géographie de Saint-Dié, du 11 au 14 octobre. Heureuse coïncidence, cette année, le thème, c’est …. « Les facettes du paysage : nature, culture, économie« . Ah bon ? Tout ça ? Eh oui, tout ça !

Vous n’imaginiez pas, en vous arrêtant pour regarder le paysage, la semaine dernière (programme « télé-vision » sans redevance, sans parabole, sans décodeur, sans électricité – donc sans éolienne et sans nucléaire), vous n’imaginiez pas, donc, que vous étiez un spécialiste  de la nature, un homme ou une femme de culture, un économiste de l’école lorraine ?

Le paysage que vous avez regardé, je parie que vous l’avez choisi en dehors de Neufchâteau, en dehors de la ville, en dehors du village. Vous vous êtes arrêté à la sortie de Midrevaux. Ou juste avant d’arriver à Autreville. Ou peut-être encore au carrefour de la route de Vouxey – là où la route quitte la Frézelle pour s’enfoncer dans une des combes de la forêt de Neufeys.

Normal. Quand on pense « paysage », on pense d’abord « campagne », « nature ». Vous avez donc vu le fond de vallon, avec son ruisseau du Vau, un vallon herbeux, encadré par le coteau des Vignes, à droite, celui de la Barre, à gauche, qui se resserre progressivement vers le grand étang et sa maison rouge lie de vin, aux allures très scandinaves. Ou vous avez vu les prairies, les champs et la côte de Mont-l’Etroit, qui arrête le regard, sur la gauche, loin derrière la petite rangée de mirabelliers sagement alignés. Vallon, combe, côte, coteau, ruisseau, étang,  Ça ne vous rappellerait pas les cours de géo, par hasard ?