63 – Le paysage gaspillé

Paysage_63_2013_12_12

J’ai mis des flèches pour que vous voyiez mieux.

Nous ne sommes pas dans les Alpes-Maritimes, si convoitées, et où l’on trouverait presque normal que l’espace soit grignoté (plutôt dévoré !) par les maisons disséminées, avec leur pelouse, dans le milieu naturel.

Nous sommes en Meuse, un des départements les moins peuplés de l’Hexagone. Et, alors qu’au premier plan, on voit les toits des maisons de la ville originelle, justement regroupés en « ville »,  les constructions neuves ont commencé à s’éparpiller dans la colline, là où vous voyez les flèches.

La densité de population du territoire n’a rien à voir avec le phénomène de mitage du paysage. C’est plutôt le résultat d’une absence de réflexion, d’anticipation et de volonté politiques en matière d’aménagement et une absence de pédagogie qui conduisent à ce gaspillage.

62 – Le paysage mité

Paysage_62_2013_12_05

Vous en avez de la chance (?) : je n’arrête pas de penser à vous !

J’ai pensé à vous (et à mes chroniques, soyons honnête !) lorsque, en septembre, j’ai vu cela, depuis le haut d’un village des Alpes-Maritimes. J’y étais pour présenter un travail sur les « allées » d’arbres dans le cadre du bilan du Programme de recherche et d’innovation dans les transports terrestres.

J’ai pensé aux chroniques que j’avais faites sur les lignes visibles dans le paysage. Ici, pas de lignes, en dehors de celle, ondulant doucement, de l’horizon. Pas de lignes, mais des taches claires qui trouent la végétation à chaque nouvelle maison.

Comment tout cela est-il organisé ? On a peine à le dire : toutes les maisons sont jetées là, une fois orientées dans un sens, une fois dans l’autre, une fois installées dans le creux, une fois un peu plus haut, une fois tassées ensemble, une fois éparpillées.

Comment passe-t-on d’une maison à l’autre ? On imagine qu’il faut un dédale de routes coûteuses, qu’on ne voit pas, mais qui, elles aussi, ont soustrait de la nature à la nature. Comment y ramasse-t-on les ordures ménagères ? En faisant courir des éboueurs le long de ces mêmes longues routes. Comment y distribue-t-on le courrier ? En envoyant des voitures jaunes sillonner les serpents de bitume. Comment y achemine-t-on le téléphone, l’électricité, l’eau ? En creusant des tranchées longues comme le bras de pieuvres tentaculaires.

Pas très économique, tout ça. Un peu égoïste, aussi, chaque villa « Ça m’suffit » confisquant un espace de nature à son seul profit.