63 – Le paysage gaspillé

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J’ai mis des flèches pour que vous voyiez mieux.

Nous ne sommes pas dans les Alpes-Maritimes, si convoitées, et où l’on trouverait presque normal que l’espace soit grignoté (plutôt dévoré !) par les maisons disséminées, avec leur pelouse, dans le milieu naturel.

Nous sommes en Meuse, un des départements les moins peuplés de l’Hexagone. Et, alors qu’au premier plan, on voit les toits des maisons de la ville originelle, justement regroupés en « ville »,  les constructions neuves ont commencé à s’éparpiller dans la colline, là où vous voyez les flèches.

La densité de population du territoire n’a rien à voir avec le phénomène de mitage du paysage. C’est plutôt le résultat d’une absence de réflexion, d’anticipation et de volonté politiques en matière d’aménagement et une absence de pédagogie qui conduisent à ce gaspillage.

45 – Le paysage vert et bleu

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Quand je vous disais que les grandes structures de haies et surtout d’arbres qui restent en dehors des forêts sont celles qui accompagnent les voies de transport, routes et chemins de fer ! Voici l’alignement de peupliers de la route de Coussey à Domrémy, et tout au fond, la dernière ligne horizontale, la haie rectiligne de l’ancienne voie ferrée transformée en chemin.

Je suis toujours sur mon balcon de la côte de Meuse, mais j’ai quitté Lafauche pour le Bois-Chenu. Du coup, je vois aussi la Meuse et son affluent, le Vair. Enfin, je les devine ; car ce que je vois, ce sont les grandes lignes souples de leurs ripisylves (les « forêts de rives »), celle de la Meuse, au premier plan, et celle du Vair juste devant la haie du chemin de fer. Comme les alignements d’arbres et les haies des bords de voie, ces ripisylves constituent elles aussi d’importants corridors biologiques permettant aux espèces de se déplacer.

Voilà donc des éléments incontournables de la fameuse « Trame Verte et Bleue », verte comme l’herbe, les buissons, les arbres, bleue comme l’eau.  Une trame indispensable à la vie.

17 – Le paysage… de saison

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Vous vous souvenez de la « devinette » du mois d’octobre ? Une haie horticole, une prairie en légère pente, une clôture de parc, une autre prairie, une haie naturelle mélangée, un champ, des boucles bleutées bordées de haies transparentes, d’autres prairies, un alignement d’arbres, encore une ligne de haies, une maison blanche, et tout au fond, un peu plus haut, un bandeau de forêt épousant la forme en trapèze de la côte ? Le paysage que l’on voit depuis la Basilique de Notre-Dame du Bois Chenu, à Domrémy, bien sûr !

Je l’ai vu cette semaine. Le même paysage ; et pourtant, pas le même. Question de saison, question de météo. Totalement dépouillés de leurs feuilles, les haies et les houppiers des arbres sont plus transparents, les terres sont plus uniformément vertes et les bois plus bruns. Les pluies ont fait surgir de multiples langues d’eau, miroirs changeants, bleutés ce matin sous un ciel virant de l’encre au bleu dragée, barré de nuages colorés, gris, blancs, bleus, violets.

Je vous souhaite une année couleur paysage : une année riche et vivante, porteuse d’éternité.

14 – Le paysage se transforme. Plus ou moins vite.

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Le paysage se transforme. Certaines transformations sont lentes. Les générations et générations de troupeaux qui foulent toujours les mêmes sols pauvres, broutent toujours les mêmes herbes au détriment d’autres, ont fini par laisser un tapis d’herbes rases, riche en orchidées, typique de nos « pelouses » calcaires.

D’autres transformations sont rapides. Le lotissement de Florinvaux a poussé comme un champignon. En quelques mois, la vue qui, depuis la route de Nancy, embrasse la côte de la Meuse entre Coussey et Domrémy, s’est modifiée : des taches claires, coiffées de rouge, avancent, se détachent du fond sable et vert du vieux Coussey et de son clocher roman.

D’autres fois encore, la transformation est brutale : la vente aux enchères du matériel du restaurant achevée, il n’avait pas fallu longtemps aux démolisseurs pour modifier complètement l’aspect du carrefour du bout de la rue de France – vous vous souvenez ?

Comme les gamins qu’on ne voit pas grandir, on ne remarque pas les transformations lentes qui nous accompagnent au quotidien. Un jour, on se réveille : mon dieu, le « gamin » va se marier ! …. mon dieu, le coteau va être mangé par les pins ; sans berger, sans troupeaux, fini, les orchidées ! Les transformations brutales, celles-là, on ne les rate pas. Elles nous fichent un coup. A la vue. Souvent aussi au moral. Vous vous souvenez de ce jour de fin décembre 1999 quand, sur la côte de Liffol, là  où, avant, la forêt familière enserrait la route et barrait l’horizon, vous avez, pour la première fois, vu au loin les lumières d’Aillanville ? Soudain, vous étiez ailleurs. Perdu. Et éperdu de tristesse.