7 – Le paysage, nature marquée par l’homme

Vallée de la MeuseEncore une semaine d’observation derrière vous ? Vous devenez fort ! Bon, si je vous dis : là, devant vous, une haie constituée d’arbustes de jardin, puis une prairie,  légèrement en pente ; une clôture de parc et une autre prairie qui continue sa descente ; une haie à mi-pente, naturelle, avec des arbres, des arbustes, bas, hauts, arrondis, pointus ; un champ en fond de vallée, avant les boucles bleutées de la rivière, bordée de haies transparentes ; encore des prairies, et quelques vaches ; un grand alignement d’arbres, horizontal, avec quelques points clairs – les voitures – entre les troncs ; derrière, loin, un trait vert foncé – une ligne de haies, au pied de la pente qui remonte doucement, en face ; une maison blanche, bien visible, à mi-pente, et tout au fond, un peu plus haut, un bandeau de forêt qui épouse la forme en trapèze de la côte.

Alors ? Vous avez deviné ? Mais si, vous connaissez ! Vous l’avez déjà regardé ce paysage.  On parie ? Vous savez, quand on sort de la Basilique de Notre-Dame du Bois Chenu, on n’a qu’une envie, c’est de traverser la route. Traverser, et regarder. Il me semble même qu’il y avait (y est-elle encore ?) une lunette ! C’est évidemment la vallée de la Meuse, le plateau de Chatel, et entre les deux, la route de Coussey  à Domrémy !

« Le paysage, c’est la nature« , m’a dit la fille du boucher. Oui. Et non. Le relief, les cours d’eau, oui, c’est la nature. Les vaches et les voitures – les êtres vivants qui occupent l’espace (bon, je voulais dire : les gugusses dans les voitures !) -, c’est aussi la nature. La végétation, c’est la nature, mais plus ou moins modifiée par la main de l’homme : l’alignement d’arbres a été planté, le champ a été semé ; contrairement aux autres haies, la haie à vos pieds est constituée de variétés horticoles, plantées elles aussi.  Et puis, il y a la clôture, la route, la maison : les constructions de l’homme. Le paysage, c’est la nature, mais la nature marquée par l’action de l’homme.