50 – Le paysage des lignes effacées

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Les vacances sont finies. Le ciel se grise et il bruine. Qu’avons-nous vu cet été dans le paysage ?

Nous avons vus les « gros » éléments, isolés, différents du reste de leur environnement : des bosquets, la masse d’une forêt, des constructions à l’écart d’un village,  des éoliennes au milieu des champs. Nous avons vu des lignes, certaines régulières – alignement d’arbres ou haies bordant une route ou une voie ferrée, trame des champs -, d’autres souples – les rivières et leurs ripisylves, les combes, soulignées par les buissons qui s’accrochent à leurs flancs et dont on voit la tête dépasser, de loin.

L’avez-vous remarqué ? Tout un motif de lignes a disparu. Le patchwork des champs, aux nuances plus ou moins dorées ou plus ou moins vertes avant la moisson, a laissé la place à un vaste désert uniforme  de terre et de cailloux. Peu de vie au-dessus du sol, sur de telles étendues.

45 – Le paysage vert et bleu

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Quand je vous disais que les grandes structures de haies et surtout d’arbres qui restent en dehors des forêts sont celles qui accompagnent les voies de transport, routes et chemins de fer ! Voici l’alignement de peupliers de la route de Coussey à Domrémy, et tout au fond, la dernière ligne horizontale, la haie rectiligne de l’ancienne voie ferrée transformée en chemin.

Je suis toujours sur mon balcon de la côte de Meuse, mais j’ai quitté Lafauche pour le Bois-Chenu. Du coup, je vois aussi la Meuse et son affluent, le Vair. Enfin, je les devine ; car ce que je vois, ce sont les grandes lignes souples de leurs ripisylves (les « forêts de rives »), celle de la Meuse, au premier plan, et celle du Vair juste devant la haie du chemin de fer. Comme les alignements d’arbres et les haies des bords de voie, ces ripisylves constituent elles aussi d’importants corridors biologiques permettant aux espèces de se déplacer.

Voilà donc des éléments incontournables de la fameuse « Trame Verte et Bleue », verte comme l’herbe, les buissons, les arbres, bleue comme l’eau.  Une trame indispensable à la vie.

44 – Le paysage rescapé

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Je ne quitte pas mon perchoir. J’ai à la fois simplement élargi mon champ de vision et augmenté la profondeur de champ.

En plus de ce que j’ai vu les fois précédentes, cela me permet de voir un bosquet supplémentaire. Vous le voyez, vers le fond, au centre ? Cela me permet également, toujours au centre, de voir la fin de l’alignement d’arbres et, à gauche, la diagonale d’une petite haie discontinue qui borde le fossé des Pâquis. Au premier plan, je vois désormais les jardins et les maisons du bas du village de Lafauche.

On est frappé par le fait que, dans le large paysage de champs et de prairies qui s’étend à nos pieds, les grandes structures de haies et d’arbres que l’on perçoit sont celles qui accompagnent des espaces publics, et en particulier les voies de transport : l’alignement d’arbres  qui longe l’ancienne voie de la gare, et surtout, la ligne horizontale sombre, continue, touffue, de la haie qui borde l’ancienne voie ferrée.

Dans l’espace privé, ces corridors écologiques ont pour ainsi dire disparu.