48 – Le paysage du plateau

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Plat ? Pas plat ? La plaine c’est raplapla. Mais le « plat-eau » (celui de Grand, de Leurville, de Seraumont, etc) ? Pas si plat que ça. Parce que le plateau, il est au-dessus de la Plaine. Et que l’eau, ça coule. Du haut vers le bas. Et quand ça coule, ça creuse. Des sillons, des ravines, et finalement des combes et des vallées. Regardez de haut, vous verrez mieux…. (moins cher que la virée en ballon, un petit tour au-dessus d’une carte IGN au 1/25000, ou sur le site de l’IGN http://www.geoportail.gouv.fr, suffit).

Quand on remonte ces combes, c’est comme des doigts qui s’enfilent dans le plateau. Tiens, au-dessus de Domrémy-la-Pucelle, en voilà une qui file sous Reblaincôte. Un peu plus au sud, après la Basilique, voici celle du Cul du Vau, dont trois « doigts » remontent à droite vers le Bois Chenu. Si l’on revient vers Sionne, on s’enfile dans la combe de Berthelevaux, qui s’enfonce loin dans la combe des Enfants. Deux « doigts » de la combe du Vau nous conduisent, au-dessus de Sionne, au Grand Four.

En bordure de côte – celle de Meuse ici -, on les voit bien : la différence d’altitude est suffisante pour que l’eau roule avec force et creuse fort. Plus à l’arrière du plateau, les combes sont toujours là, mais plus courtes, moins profondes. Tiens, regardez Bréchainville : au sud la combe de Bussy, qui commence au bord de la route d’Aillianville, puis celle de Chaudeau, la combe Le Bouge, qui remonte presque aussi loin, celle de la source du Sauveuil, dont la pointe supérieure atteint la limite de la commune d’Aillianville d’un côté et celle de Trampot de l’autre. La combe de la Fontaine des Roises, de la Vallotte, et la combe Le Prêtre rejoignent la Combe Le Bouge, qui rejoint à son tour le tracé de La Maldite.

9 – Le paysage bavard

Marronnier

Paysage rural ou paysage urbain : c’est un morceau de terre, une part de nature et une part d’action de l’homme. Mais aussi un bout d’histoire. Quel âge, ces maisons qu’on voit à Landaville, avec leur porte cochère ? Allez, 150 ans ? Et ce linteau sculpté d’une accolade, dans la Grand-Rue de Liffol ? Pas loin de 500. Et le gros chêne de la forêt d’Epizon ? Plus jeune ou plus vieux que le tilleul de Saint-Dié, avec ses 750 ans ? Et la clairière de Grand ?

On aligne les années, et on aligne la mémoire : les paysages nous racontent des histoires d’hommes, de femmes et de société. Les maisons de Landaville, avec leurs trois travées, nous racontent qu’on avait des bêtes – la travée de l’étable, avec sa porte et sa fenêtre plus basses, se distingue de la travée d’habitation – et qu’on rentrait des charrettes chargées dans la travée de la grange, avec  sa porte cochère cintrée. Elles nous disent que le calcaire qui se taille bien et résiste au gel était plutôt rare et cher : seuls les encadrements des baies sont en pierre de taille, le reste est en moellons enduits ; et on a même économisé en accolant toujours la fenêtre à la porte, pour n’avoir qu’un montant commun.

Le remblai qui barre la prairie à la sortie de Midrevaux, bel endormi couvert d’arbres et de haies,  a aussi de la mémoire : il nous rappelle le formidable développement du train, jusqu’au fin fond des campagnes, puis son abandon, quand la voiture se démocratisa. Plus jeune, le champ de blé encore à moitié entouré d’une clôture, a remplacé la prairie aux rosés : il nous raconte la politique agricole européenne et ses mauvaises primes… ou le fait que tu n’es pas prêt de te trouver une femme si tu te colles un troupeau de laitières 365 jours par an !

Qu’ils sont bavards, les paysages !