6 – Le paysage relief

VosgesVous n’aimiez pas la géo, à l’école ? Ce n’est pas grave.  Voilà deux semaines que vous regardez le paysage, et vous voyez des combes, des vallons, des coteaux, des plateaux, des ruisseaux, des étangs, une falaise, une crête : de la géographie à l’état pur. De la géographie physique. Et ça passe tout seul ! Heureux miracle !

Le paysage, c’est d’abord cela, ce sol qui supporte tout, avec son relief, avec ses cours d’eau. Autant dire qu’il n’est pas tout jeune, notre paysage. Avec ses accumulations de sédiments qui vous font les calcaires au fond des mers, avec ses soubresauts qui vous font surgir une montagne, avec ses mouvements désordonnés qui vous effondrent une vallée ; puis l’usure du temps et du climat, qui vous arrondit les angles et adoucit les pentes.

Tiens, vous avez vu ? Tous les villages de la vallée de la Saônelle, Villouxel, Pargny-sous-Mureau, Midrevaux, Sionne… tous calés à l’abri de la côte, tournés vers les premiers rayons du soleil levant. Et Autigny-la-Tour ? Lové dans un méandre du Vair. Vous avez vu, aussi, les prairies en fond de vallée, les champs et les forêts sur les plateaux ? Et vous savez que sur les flancs de nos montagnes vosgiennes s’étagent les forêts de feuillus, puis les sapins, enfin les chaumes, ras. Le relief crée les zones d’ombre et les zones de soleil, il crée les abris et les étendues ouvertes, crée les sols fertiles et ceux qui le sont moins. La diversité de la végétation, la diversité de l’occupation des sols…. et la diversité du paysage que nous regardons en résultent directement.

5 – Le paysage nature

De Morionvilliers à Trampot

Voici la 5ème chronique du paysage. Juste pour le Festival International de Géographie de Saint-Dié, du 11 au 14 octobre. Heureuse coïncidence, cette année, le thème, c’est …. « Les facettes du paysage : nature, culture, économie« . Ah bon ? Tout ça ? Eh oui, tout ça !

Vous n’imaginiez pas, en vous arrêtant pour regarder le paysage, la semaine dernière (programme « télé-vision » sans redevance, sans parabole, sans décodeur, sans électricité – donc sans éolienne et sans nucléaire), vous n’imaginiez pas, donc, que vous étiez un spécialiste  de la nature, un homme ou une femme de culture, un économiste de l’école lorraine ?

Le paysage que vous avez regardé, je parie que vous l’avez choisi en dehors de Neufchâteau, en dehors de la ville, en dehors du village. Vous vous êtes arrêté à la sortie de Midrevaux. Ou juste avant d’arriver à Autreville. Ou peut-être encore au carrefour de la route de Vouxey – là où la route quitte la Frézelle pour s’enfoncer dans une des combes de la forêt de Neufeys.

Normal. Quand on pense « paysage », on pense d’abord « campagne », « nature ». Vous avez donc vu le fond de vallon, avec son ruisseau du Vau, un vallon herbeux, encadré par le coteau des Vignes, à droite, celui de la Barre, à gauche, qui se resserre progressivement vers le grand étang et sa maison rouge lie de vin, aux allures très scandinaves. Ou vous avez vu les prairies, les champs et la côte de Mont-l’Etroit, qui arrête le regard, sur la gauche, loin derrière la petite rangée de mirabelliers sagement alignés. Vallon, combe, côte, coteau, ruisseau, étang,  Ça ne vous rappellerait pas les cours de géo, par hasard ?