43 – Le paysage vu du balcon

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Où étions-nous donc, il y a deux semaines ? Vous aviez trouvé ? Pour voir si loin, nous étions perchés. Perchés, comme Marcel, notre infatigable chasseur, qui grimpe sur son mirador pour mieux voir les sangliers. Perchés comme les seigneurs de Lafauche et de Bourlémont qui, depuis leur château, devaient pouvoir surveiller ennemis et pilleurs et leur préparer un « bon » accueil !

Nous étions perchés au château de Lafauche. Avec la côte qui borde, à l’ouest, la vallée de la Meuse et de ses affluents – qu’on appelle la « côte de Meuse » -, notre Ouest vosgien (…. et notre Est haut-marnais) offre en effet un beau balcon pour guetter l’ennemi ou, aujourd’hui, profiter pacifiquement du paysage.

Cette côte de Meuse, c’est, lorsqu’on se tourne vers le nord-ouest, la barre boisée que l’on voit depuis les villages et bourgs « du bas » – Prez, les deux Liffol, petit et grand, Frébécourt, Domrémy, Goussaincourt…-. C’est la côte qu’il faut grimper – les cyclistes en savent quelque chose ! – quand on va dans les villages dispersés du plateau, Aillianville, Leurville, Grand, Chermisey ou Vouthon.

Cette barre boisée trace, elle aussi, un trait dans le paysage. Un trait plus monumental que les lignes formées par les haies, les routes ou les alignements d’arbres.  Un trait qui se poursuit bien au-delà de notre département et que l’on voit nettement sur des cartes à grande échelle : il est marqué par le resserrement des courbes de niveau et, sur les cartes géologiques (voyez l’excellent site internet « SVT Lorraine » – « Géologie de la Lorraine » – de l’académie de Nancy-Metz), par la limite du bleu soutenu de l’Oxfordien, un étage géologique datant d’environ 160 millions d’années. Eh oui, la géologie voit tout en grand !