56 – Le paysage de couture

Paysage_56_2013_10_24

Paysages naturels et paysages des villes et villages ont chacun leur propre structure, leur propre organisation. Mais des liens existent entre les deux. Les voies de transport – routes, voies ferrées, canaux – ont vocation à tricoter ensemble tous les morceaux du paysage. Elles se glissent de la campagne dans les villes, traversant au passage les villages.

D’autres éléments de liaison existent. Le long muret en pierres sèches présent aux abords des premières maisons de Brechainville se prolonge dans un paysage de prairies en direction de La Violette. Ici, ce sont les arbres qui bordent la route dans la rase campagne du Brandebourg, en Allemagne, qui pénètrent jusqu’au cœur du village.

Ces liaisons permettent les échanges entre les milieux, amènent très simplement la nature en ville. Elles créent une transition progressive entre deux univers, adoucissant le passage de l’un à l’autre.

55 – Le paysage de pierre sèche

Paysage_55_2013_10_17

A l’extérieur de nos villages, l’espace est découpé par les haies, les clôtures de parc, les limites géométriques des parcelles. Dans nos villages, ce sont des murets en pierre sèche qui réalisent quelquefois encore ce découpage.

On ne peut qu’admirer la qualité de ces constructions, un immense puzzle vertical constitué de pièces toutes rectangulaires, mais toutes différentes, agencées pourtant de manière à produire une certaine régularité. Ces murs tiennent depuis des décennies sans « colle », par le choix judicieux des pierres et leur calage précis. Ils sont le témoin d’un véritable art, d’un métier à part entière, reconnu aujourd’hui par un certificat de qualification professionnelle.

Dans les joints minces, le soleil s’accroche, créant un dessin abstrait de lignes brisées horizontales et verticales, noires. Des lichens blanchâtres, jaunes, ou d’un orange prononcé apportent des touches de couleur qui se marient discrètement au gris de la pierre. Des mouches, des abeilles solitaires, des araignées se plaisent dans cet environnement. Et qui n’a pas vu un lézard, tout réchauffé, se faufiler et disparaître entre deux pierres ?

Vous avez vu autant de vie dans un mur en parpaings enduits ?

48 – Le paysage du plateau

Paysage_48_2013_08_29

Plat ? Pas plat ? La plaine c’est raplapla. Mais le « plat-eau » (celui de Grand, de Leurville, de Seraumont, etc) ? Pas si plat que ça. Parce que le plateau, il est au-dessus de la Plaine. Et que l’eau, ça coule. Du haut vers le bas. Et quand ça coule, ça creuse. Des sillons, des ravines, et finalement des combes et des vallées. Regardez de haut, vous verrez mieux…. (moins cher que la virée en ballon, un petit tour au-dessus d’une carte IGN au 1/25000, ou sur le site de l’IGN http://www.geoportail.gouv.fr, suffit).

Quand on remonte ces combes, c’est comme des doigts qui s’enfilent dans le plateau. Tiens, au-dessus de Domrémy-la-Pucelle, en voilà une qui file sous Reblaincôte. Un peu plus au sud, après la Basilique, voici celle du Cul du Vau, dont trois « doigts » remontent à droite vers le Bois Chenu. Si l’on revient vers Sionne, on s’enfile dans la combe de Berthelevaux, qui s’enfonce loin dans la combe des Enfants. Deux « doigts » de la combe du Vau nous conduisent, au-dessus de Sionne, au Grand Four.

En bordure de côte – celle de Meuse ici -, on les voit bien : la différence d’altitude est suffisante pour que l’eau roule avec force et creuse fort. Plus à l’arrière du plateau, les combes sont toujours là, mais plus courtes, moins profondes. Tiens, regardez Bréchainville : au sud la combe de Bussy, qui commence au bord de la route d’Aillianville, puis celle de Chaudeau, la combe Le Bouge, qui remonte presque aussi loin, celle de la source du Sauveuil, dont la pointe supérieure atteint la limite de la commune d’Aillianville d’un côté et celle de Trampot de l’autre. La combe de la Fontaine des Roises, de la Vallotte, et la combe Le Prêtre rejoignent la Combe Le Bouge, qui rejoint à son tour le tracé de La Maldite.

8 – Le paysage urbain

Notre-Dame de Paris

Vous vous souvenez du paysage vu depuis la basilique du Bois chenu ? Des arbres, une rivière, une route, des voitures (… et des gugusses dans les voitures), une maison (et aussi, des prés, un champ, de la forêt, des vaches…). Tiens, ça alors, j’ai vu la même chose en plein Paris ! Bon, un peu plus de voitures (et de gugusses…), un peu moins d’arbres, un peu plus de maisons, et des maisons plus grandes, une grosse rivière – un fleuve quoi – : la Seine.  Pas de vaches, mais des moineaux, pas de prés, mais des plates-bandes. Pas de basilique, mais une cathédrale, Notre-Dame !

Le paysage de la ville, le paysage urbain, existe. Evidemment, puisque vous le regardez ! Regardez par la fenêtre, sortez de chez vous : vous le voyez. Il ressemble finalement au paysage de la campagne, auquel on pense si naturellement.

La différence ? Une question de dosage entre la part de la nature et la part des aménagements créés par l’homme. Au fait, ne soyez pas vexé : j’aurais pu prendre Rebeuville au lieu de la capitale, ça n’aurait rien changé. Le paysage de Rebeuville, d’Aouze ou de Bréchainville existe lui aussi.