55 – Le paysage de pierre sèche

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A l’extérieur de nos villages, l’espace est découpé par les haies, les clôtures de parc, les limites géométriques des parcelles. Dans nos villages, ce sont des murets en pierre sèche qui réalisent quelquefois encore ce découpage.

On ne peut qu’admirer la qualité de ces constructions, un immense puzzle vertical constitué de pièces toutes rectangulaires, mais toutes différentes, agencées pourtant de manière à produire une certaine régularité. Ces murs tiennent depuis des décennies sans « colle », par le choix judicieux des pierres et leur calage précis. Ils sont le témoin d’un véritable art, d’un métier à part entière, reconnu aujourd’hui par un certificat de qualification professionnelle.

Dans les joints minces, le soleil s’accroche, créant un dessin abstrait de lignes brisées horizontales et verticales, noires. Des lichens blanchâtres, jaunes, ou d’un orange prononcé apportent des touches de couleur qui se marient discrètement au gris de la pierre. Des mouches, des abeilles solitaires, des araignées se plaisent dans cet environnement. Et qui n’a pas vu un lézard, tout réchauffé, se faufiler et disparaître entre deux pierres ?

Vous avez vu autant de vie dans un mur en parpaings enduits ?