93 – Dans 500 ans, le paysage…

Des paysages préparés pour demain, on n’en voit pas beaucoup.

Demain ? Je veux dire dans 50 ans, 100 ans, 500 ans…

Sur cette photo de Saint-Dié, on voit un jeune tilleul encore tuteuré à gauche, et à droite l’énorme houppier du tilleul de la cathédrale, planté de l’autre côté du mur, et qui a au moins 600 ans (la pancarte qui l’accompagne lui en donne 800…). Eh oui, avec les arbres, il faut voir grand, et loin : quand on plante, ce n’est pas pour 20 ans.

Ici, comme pour le vieux séquoia de Billière, on a eu la sagesse de prévoir la relève.

92 – Le paysage de demain se prépare aujourd’hui

Des arbres qui ont de la bouteille, on en a en quelques-uns en Lorraine. Ici, c’est un immense platane (voyez la taille des personnes à l’arrière), en pleine forme, dans le parc du Gouverneur à Nancy.

A Billère, dans les  Pyrénées-Atlantiques, aux portes de Pau, c’est un séquoia qui joue les vétérans dans le parc de la Mairie. Planté sans doute en 1880, il a été frappé par la foudre en 1992. On le chouchoute : un hauban a été posé pour le consolider. Le hauban est contrôlé tous les 3 ans et a été refait à neuf en 2010. Le service Espaces verts nous explique qu’un « petit frère a été planté à ses côtés en 1995 pour prendre la relève en cas de défaillance de ce grand spécimen ». La coexistence est, disent-ils, une réussite. Surtout, elle évitera le grand vide quand le papy passera l’arme à gauche. Le paysage de demain se prépare aujourd’hui.

91 – La relève du paysage

Je ne sais pas vous, mais moi, j’aime bien la jeunesse. J’aime bien nos petits bouts d’chou, pleins de tendresse et de câlins, des éponges à savoirs qui s’émerveillent d’un rien et que tout intéresse… J’aime bien les ados, dont on voit la personnalité se forger, piochant nécessairement dans ce que leurs parents et leurs éducateurs leur ont transmis, mais cherchant leur propre chemin. J’aime bien les tout jeunes adultes, construisant leur vie, s’engageant pour défendre les valeurs qui leur tiennent à cœur.

J’aime aussi les vieillards. Les anciens, comme on dit maintenant. Dont le visage, unique, porte toutes les traces de leur vie, unique ; des visages qui s’adoucissent en s’amollissant un peu, ridés des sourires passés.

De la même manière, j’aime les vieux arbres. Les vétérans, disent nos amis anglais qui savent si bien en prendre soin. Les troncs noueux de vieux tilleuls bosselés, creux, dont je n’arrive pas à faire le tour avec mes bras, les fûts rectilignes et lisses de hêtres aux reflets argentés, l’univers des immenses ramures de platanes centenaires, les branches torturées des tortillards. Mais j’aime aussi les petits jeunots. Car ils sont l’avenir. Mais vous en voyez beaucoup, vous, dans les prés, au bord des rivières, sur les places ou dans les rues ?

60 – Le paysage d’automne

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Alors là, il va falloir que vous me croyiez sur parole : l’arbre, à droite, il est presque entièrement rouge (j’aime bien le noir et blanc ; ça vous permet de vous faire votre cinéma…). Je vous promets, l’arbre est on ne peut plus rouge ; à l’intérieur du houppier, on le devine encore vert, puis presque jaune, orangé. Au travers, par transparence, le bleu pâle du ciel. L’arbre, à gauche, est vert, avec des feuilles qui commencent à dorer.

C’était sur la route de Nogent. Des érables.

Vous vous souvenez des pommiers chargés d’une infinité de fleurs roses et blanches au printemps ? Aujourd’hui, ce sont les feuilles qui peignent le tableau. Des masses incroyables de couleurs, par touches mouvantes. Qui changent jour après jour. Qui éclairent le ciel gris. Une palette de verts plus ou moins francs, de jaunes, d’oranges, de bruns, de rouges. Décidément, quelle générosité ! Quel art !  Quelle gratuité, aussi !

C’est l’automne. Mes fleurs de géranium fanent, pinceaux noirs rabougris. Mes dahlias s’effondrent en une mauvaise purée d’épinards brunâtres. Vive les arbres !