54 – L’odeur, avant-goût du paysage

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Pour aller présenter mes travaux dans le cadre du projet ITTECOP (Infrastructures de Transport Terrestres, Ecosystèmes et Paysages), piloté par le ministère de l’écologie, j’ai choisi le train. Je suis arrivée à la gare TGV d’Aix-en-Provence après dix heures du soir. Il faisait encore chaud. Quelques heures plus tôt, à Neufchâteau, les températures avaient, elles aussi, allègrement dépassé les 25 °C.

Un parking de gare grillagé, une voie rapide et un parking d’hôtel exigu : c’est tout ce que j’ai vu du paysage de la Provence ce soir là. Un paysage banal.

Et pourtant. A peine débarquée, je savais que le paysage du lendemain n’aurait pas grand chose à voir avec nos paysages lorrains. J’étais enveloppée, au cœur même de la gare, par une odeur chaude, subtile, complexe de résine, nouvelle pour moi. Un vrai délice. Et une vraie promesse : demain, je découvrirais les grands platanes qui font de l’ombre au cœur des villages, les maisons élancées pressées le long de ruelles étroites au sommet d’une colline, et surtout, surtout, la garrigue, qui m’offrait un avant-goût de ses parfums.