48 – Le paysage du plateau

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Plat ? Pas plat ? La plaine c’est raplapla. Mais le « plat-eau » (celui de Grand, de Leurville, de Seraumont, etc) ? Pas si plat que ça. Parce que le plateau, il est au-dessus de la Plaine. Et que l’eau, ça coule. Du haut vers le bas. Et quand ça coule, ça creuse. Des sillons, des ravines, et finalement des combes et des vallées. Regardez de haut, vous verrez mieux…. (moins cher que la virée en ballon, un petit tour au-dessus d’une carte IGN au 1/25000, ou sur le site de l’IGN http://www.geoportail.gouv.fr, suffit).

Quand on remonte ces combes, c’est comme des doigts qui s’enfilent dans le plateau. Tiens, au-dessus de Domrémy-la-Pucelle, en voilà une qui file sous Reblaincôte. Un peu plus au sud, après la Basilique, voici celle du Cul du Vau, dont trois « doigts » remontent à droite vers le Bois Chenu. Si l’on revient vers Sionne, on s’enfile dans la combe de Berthelevaux, qui s’enfonce loin dans la combe des Enfants. Deux « doigts » de la combe du Vau nous conduisent, au-dessus de Sionne, au Grand Four.

En bordure de côte – celle de Meuse ici -, on les voit bien : la différence d’altitude est suffisante pour que l’eau roule avec force et creuse fort. Plus à l’arrière du plateau, les combes sont toujours là, mais plus courtes, moins profondes. Tiens, regardez Bréchainville : au sud la combe de Bussy, qui commence au bord de la route d’Aillianville, puis celle de Chaudeau, la combe Le Bouge, qui remonte presque aussi loin, celle de la source du Sauveuil, dont la pointe supérieure atteint la limite de la commune d’Aillianville d’un côté et celle de Trampot de l’autre. La combe de la Fontaine des Roises, de la Vallotte, et la combe Le Prêtre rejoignent la Combe Le Bouge, qui rejoint à son tour le tracé de La Maldite.

43 – Le paysage vu du balcon

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Où étions-nous donc, il y a deux semaines ? Vous aviez trouvé ? Pour voir si loin, nous étions perchés. Perchés, comme Marcel, notre infatigable chasseur, qui grimpe sur son mirador pour mieux voir les sangliers. Perchés comme les seigneurs de Lafauche et de Bourlémont qui, depuis leur château, devaient pouvoir surveiller ennemis et pilleurs et leur préparer un « bon » accueil !

Nous étions perchés au château de Lafauche. Avec la côte qui borde, à l’ouest, la vallée de la Meuse et de ses affluents – qu’on appelle la « côte de Meuse » -, notre Ouest vosgien (…. et notre Est haut-marnais) offre en effet un beau balcon pour guetter l’ennemi ou, aujourd’hui, profiter pacifiquement du paysage.

Cette côte de Meuse, c’est, lorsqu’on se tourne vers le nord-ouest, la barre boisée que l’on voit depuis les villages et bourgs « du bas » – Prez, les deux Liffol, petit et grand, Frébécourt, Domrémy, Goussaincourt…-. C’est la côte qu’il faut grimper – les cyclistes en savent quelque chose ! – quand on va dans les villages dispersés du plateau, Aillianville, Leurville, Grand, Chermisey ou Vouthon.

Cette barre boisée trace, elle aussi, un trait dans le paysage. Un trait plus monumental que les lignes formées par les haies, les routes ou les alignements d’arbres.  Un trait qui se poursuit bien au-delà de notre département et que l’on voit nettement sur des cartes à grande échelle : il est marqué par le resserrement des courbes de niveau et, sur les cartes géologiques (voyez l’excellent site internet « SVT Lorraine » – « Géologie de la Lorraine » – de l’académie de Nancy-Metz), par la limite du bleu soutenu de l’Oxfordien, un étage géologique datant d’environ 160 millions d’années. Eh oui, la géologie voit tout en grand !

14 – Le paysage se transforme. Plus ou moins vite.

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Le paysage se transforme. Certaines transformations sont lentes. Les générations et générations de troupeaux qui foulent toujours les mêmes sols pauvres, broutent toujours les mêmes herbes au détriment d’autres, ont fini par laisser un tapis d’herbes rases, riche en orchidées, typique de nos « pelouses » calcaires.

D’autres transformations sont rapides. Le lotissement de Florinvaux a poussé comme un champignon. En quelques mois, la vue qui, depuis la route de Nancy, embrasse la côte de la Meuse entre Coussey et Domrémy, s’est modifiée : des taches claires, coiffées de rouge, avancent, se détachent du fond sable et vert du vieux Coussey et de son clocher roman.

D’autres fois encore, la transformation est brutale : la vente aux enchères du matériel du restaurant achevée, il n’avait pas fallu longtemps aux démolisseurs pour modifier complètement l’aspect du carrefour du bout de la rue de France – vous vous souvenez ?

Comme les gamins qu’on ne voit pas grandir, on ne remarque pas les transformations lentes qui nous accompagnent au quotidien. Un jour, on se réveille : mon dieu, le « gamin » va se marier ! …. mon dieu, le coteau va être mangé par les pins ; sans berger, sans troupeaux, fini, les orchidées ! Les transformations brutales, celles-là, on ne les rate pas. Elles nous fichent un coup. A la vue. Souvent aussi au moral. Vous vous souvenez de ce jour de fin décembre 1999 quand, sur la côte de Liffol, là  où, avant, la forêt familière enserrait la route et barrait l’horizon, vous avez, pour la première fois, vu au loin les lumières d’Aillanville ? Soudain, vous étiez ailleurs. Perdu. Et éperdu de tristesse.