89 – L’humain, en première ligne du paysage

La revue de l’association Maisons Paysannes de France nous livre régulièrement des histoires d’amoureux et de réussites. Voyez celle qu’elle nous propose dans son n° 192. Une histoire de relations humaines et d’engagement, pour commencer : la secrétaire de mairie du village de La Touche, dans la Drôme, connaît un architecte ami de Maisons Paysannes de France. Ami de MPF… donc attaché à respecter les constructions anciennes. Inspiré par le lieu, au lieu d’une  nouvelle salle communale, il propose finalement une halle  (on est dans le Sud !) et surtout une charpente traditionnelle, dans l’esprit des constructions environnantes.

On aime les fondations solides, à La Touche : le maire et une délégation du conseil se rendent  au Puy-en-Velay, où l’architecte a réalisé plusieurs projets, afin de vérifier qu’ils sont bien « sur la même longueur d’onde ». Une fois les artisans retenus, le maire et une délégation iront de même vérifier en direct les capacités de ceux-ci en leur rendant visite.

Une construction traditionnelle, c’est un beau concentré de savoir-faire. Le cahier des charges, établi de manière rigoureuse, a permis d’éliminer les artisans trop « légers » en compétences, et de retenir des « bons » : formés solidement et continuant à se former (le patron de l’entreprise de charpente est un Compagnon et ses apprentis se forment aux techniques de la charpente traditionnelle), engagés dans la préservation de la construction traditionnelle (le maçon est lui-même …. membre de l’association Maisons Paysannes de France).  

Prenez-en de la graine, car le bilan tiré est largement positif : le bilan paysager bien sûr, et le bilan carbone (uniquement des matériaux locaux ou réemployés !), mais surtout le bilan économique et humain : le coût du projet se décompose en 70 % pour une main d’œuvre qualifiée et de proximité, et 30 % pour les matériaux. Pour un prix équivalent et une construction avec les techniques industrielles passe-partout, la part de la main-d’œuvre n’aurait été que de 30 %, et les 70  % restant auraient concerné des matériaux industriels venus de loin.

Cerises  sur le gâteau : des économies en cours de chantier, grâce à l’intelligence des artisans, et un très fort intérêt des habitants et des passants, qui s’arrêtaient pour discuter des travaux.

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