83 – Le paysage de l’erreur

Caroline a fait deux erreurs de calcul dans son exercice, la semaine dernière. Ce n’est pas dramatique. C’était la première fois qu’elle faisait des divisions. Nous avons corrigé ensemble. Elle en a tiré la leçon, et je suis sûre qu’elle réussira mieux la prochaine fois.

Il y a des erreurs qui se corrigent. Plus ou moins facilement, mais qui se corrigent. Je me souviens d’un immeuble inachevé, en parpaings bruts, qui resta longtemps accroché au flanc de Vignes-la-Côte, gâchant l’harmonie du coteau. Un beau jour, il avait disparu, sans doute une correction  à coup de pelle mécanique.

Il y a d’autres erreurs qui ne se corrigent pas, ou bien mal : celles qui touchent le vivant. Quand un pharmacien se trompa de dosage dans un médicament pour mon père, il fallut appeler les urgences au beau milieu de la nuit. Si, par erreur, vous laissez un if à portée d’un cheval, vous l’exposez à la mort. Si vous taillez ou laissez tailler un arbre « à l’arrach’ », comme ici et ailleurs, vous le condamnez. Avec le vivant, le droit à l’erreur n’existe pas. Savoir cela fait partie de notre éducation de base. Fait partie… ou devrait faire partie ! Et le paysage, ma foi, est bourré d’organismes vivants.

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