57 – Le paysage pour les générations futures

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J’étais à l’autre bout de la France, et je lisais ceci : « Conscient de la grande valeur patrimoniale de la futaie des Clos, il participe activement à sa préservation en refusant son exploitation, pourtant prévue dans l’aménagement (plan de gestion de la forêt) ».

Sacrifier un morceau de forêt, du sonnant et trébuchant, des tunes, quoi, parce que les arbres ont « de la bouteille » et « de la gueule » ! S’asseoir sur le plan de gestion de la forêt – un truc sérieux : pensez, un des rares qui engagent les communes et l’Etat plus longtemps qu’un mandat électoral ! Ça ne peut être que l’élucubration d’un « nécolo » fou, non ? A balayer avec un petit regard condescendant : non mais, tu n’y penses pas ! T’y connais rien ! Si t’attends trop longtemps, le bois, il s’ra plus vendable !

Oui. Et alors ? Ces arbres ne seront pas vendus. Il y en a même qui mourront de leur belle mort, ou d’une crise de foudre, ou d’une rage du vent.

Car ce « fou » a été entendu. C’était vers 1900. Les arbres avaient 250 ans. Ils sont toujours là. Ils sont vertigineux. Ils en ont maintenant près de 400 – oui, je dis bien quatre cents ans…. -. Des chênes droits comme des colonels. 40 m de haut, oui, quarante… L’ONF a même installé une chaise longue pour profiter mieux du spectacle.

Ce « fou »,  à qui nous devons de pouvoir nous régaler aujourd’hui encore et qui réussit à nous faire comprendre ce que « préserver pour les générations futures » veut dire concrètement, c’était un « monsieur » : l’inspecteur des Eaux et Forêts du Mans, Roulleau de la Roussière. Il n’était pas seul. Boppe, aussi, directeur de l’Ecole forestière de Nancy de 1881 à 1898, avait participé à la mobilisation en faveur de la préservation de cette futaie.

« On comprend que les forestiers du monde entier, les touristes, les artistes s’intéressent à ce petit coin de forêt, œuvre des siècles, et à ses beautés, faites de grandeur, d’imposant silence et de majesté » (Rapport de Roulleau de la Roussière à la direction générale des Eaux et Forêts, 1904).

Ah bon, la forêt ne sert pas qu’à aménager des cloisonnements, produire des buffets rustiques et nourrir des ragoûts de sanglier ?

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