36 – Le paysage blanc et rose

Paysage_36_2013_05_23

A force de regarder, notre vision s’affine, c’est sûr. Mais cela n’explique pas tout. Dans ce printemps terne, gris de gris, effacé par la pluie, les pommiers en fleurs attiraient immanquablement le regard.  A chaque arbre, c’étaient des constellations et des constellations de fleurs, des boutons serrés, d’un vieux rose profond, en bouquets drus, des fleurs à peine écloses, presque globuleuses, d’un rose plus pâle et déjà veiné de blanc, des corolles plus ou moins épanouies, blanches, légères, portant encore un souvenir ténu de leur rose primitif. Avez-vous déjà essayé de les compter ? Des milliers, sans doute des dizaines de milliers de fleurs, sur un seul arbre.

Un seul arbre. Un seul. Combien de coûteuses bulbeuses, vivaces et annuelles aurait-il fallu planter, doper, sarcler pour un spectacle aussi puissant, aussi visible – à hauteur du regard, que l’on soit à pied, à cheval, en voiture… – ? Un spectacle aussi subtil, avec ses touches de rose et de blanc, s’allumant puis s’éteignant à tour de rôle selon un programme plus rodé que celui du meilleur « son et lumière » de Domrémy ? Aussi bruissant d’insectes et de chants d’oiseaux au premier rayon de soleil ? Aussi généreux, cabane vivante sous sa voûte ombreuse ? Aussi prometteur, annonçant le spectacle de l’arbre chargé de fruits à l’automne ?

Mais pourquoi plante-t-on si peu d’arbres dans nos espaces publics ? Ah oui, j’oubliais : les feuilles tombent ; les fruits aussi. C’est sale…. Et nous ? Trop riches ?

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