34 – Un paysage de tendresse

Paysage_34_2013_05_03

Regardez donc la haie qui vous accompagne, alors que vous filez  en train vers Paris. Elle s’approche puis s’éloigne, revient  courir au pied du talus, s’écarte à nouveau, nous suit à distance, plus fidèle au mince ruisseau qu’à la voie de chemin de fer.  C’est une bordure inégale, ponctuée d’arbres qui dressent une solide ramure encore largement visible. Leur trame géométrique commence cependant à s’estomper déjà derrière les nuages transparents de feuilles  tout juste déployées, des houppes tout en rondeur, d’un vert juteux et tendre, presque jaune. Une mousse blanche,  légère – celle des fleurs des prunelliers – se mêle à la danse et révèle ce que, distrait, vous aviez peut-être fini par ne plus voir. Mais déjà ces frissons verts, ces écharpes mousseuses vous manquent quand, fâcheusement, la haie s’interrompt, au mitan d’un pré.

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