4 – Le paysage sensible

Canal de l'Est

Le paysage, c’est notre cadre de vie. Pas l’intérieur de notre maison, décoré à notre goût, ni le jardin dérobé aux regards, mais la façade du pays, le cadre de vie au grand jour, ce que nous voyons tous.

C’est bien par la vue que nous prenons principalement connaissance d’un paysage : « De là-haut, vous aurez une vue imprenable sur la vallée! » – « Loue chambre avec vue sur la mer » – « Viens voir le point de vue qu’on a depuis la terrasse ! » -.  De même qu’on lit  un livre, on peut « lire un paysage », comme on dit couramment lorsqu’on regarde un paysage pour l’analyser et le comprendre.

On voit le paysage et on l’entend. L’ouïe aussi nous renseigne sur le paysage. On vous amène au bord du Périphérique parisien, les yeux bandés : vous aurez vite compris que vous n’êtes ni rue Saint-Jean, ni sur le chemin de ceinture de Grand. Toujours les yeux bandés, on vous amène près d’un discret ruisseau. Vous saurez certainement, sans le voir, que l’eau coule à vos pieds. Au bruit du vent dans les feuilles, vous comprendrez qu’il serpente à l’ombre des arbres sur ses berges ; vous identifierez peut-être même un tremble.

Le paysage, on le voit, on l’entend. Et on le sent. L’odeur légère d’un paysage de prairies à la fenaison n’est pas la même que l’odeur piquante d’un quartier d’usines chimiques ; elle n’est pas la même que l’odeur chaude d’un champ de blé mûr ni que celle du sous-bois constellé de champignons du Bois Le Comte.

Bon, alors, c’est décidé ? On se lance ? On prend le temps de s’arrêter et de regarder le paysage ? Comme si on regardait la téloche. Super grand écran maxi géant garanti. Et gratuit !  Vous allez faire des jaloux !